Planter des arbres est un argument assez classique qui monte en résonance depuis plusieurs années. Emmanuel Macron a ainsi réduit la politique forestière au fait de planter un milliard d’arbres d’ici 2030. Où ces arbres seront-ils plantés et à la place de quoi ? Quand on regarde dans le détail, on constate que pour planter des arbres, des forêts bien portantes sont rasées. En quoi ces jeunes arbres sont-ils vraiment intéressants par rapport au fait de raser des forêts quasiment entières ? C’est un vrai problème.
Ces annonces masquent également les projets qui, dans un certain nombre de villes, se traduisent par la coupe d’arbres parfois assez âgés, pour en planter des nouveaux. L’un des aspects essentiels de l’arbre en ville est sa surface de feuillage. Celle-ci joue directement sur sa capacité d’évapotranspiration. Plus la surface de feuillage est grande, plus l’arbre va vraiment jouer un rôle de régulateur thermique. Dès lors, si l’on remplace un grand arbre qui a une immense surface, par un, cinq, dix arbres ou plus, on ne va pas retrouver le même rôle de régulateur thermique.
Je fais volontairement le lien avec la ville, car c’est au sein des élites urbaines que se pensent, malheureusement, les politiques.
Le mirage de la forêt primaire en ville
Ce type d’annonce agit avant tout sur des ressorts psychologiques. L’image consistant à planter des arbres joue sur la capacité de chacune à avoir la main sur quelque chose qu’il ne maîtrise pas. Après des incendies en Amazonie ou dans les Landes, les politiques se précipitent en général pour annoncer des plantations d’arbres. Peu importe que ça n’ait aucun sens. Quand une forêt primaire brûle, comment imaginer que c’est en plantant des arbres que l’on va faire revenir de la forêt primaire ? On s’enferre pourtant dans ce…
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Auteur: Sylvain Angerand

