Réponse aux évêques de France

Au sur-lendemain du soulèvement du 17 octobre, la Conférence des évêques de France a jugé nécessaire de « condamner le chaos » dans les pages de La Croix. Des fidèles ont souhaité faire entendre un autre son de cloche. Le grand quotidien catholique ayant refusé ce droit de réponse, ils nous ont proposé de le publier dans la lundimatin.

Nous, catholiques de France, sommes joyeux et fiers d’avoir été partie prenante aux soulèvements du 17 octobre dernier. En chrétiens, nous nous sommes tenus aux côtés de nos sœurs et frères révoltés, nous avons chanté avec eux, lutté parmi eux, prié au milieu d’eux et sous les feux de la répression. C’est pourquoi nous ne pouvons que déplorer certaines des prises de parole de nos évêques, publiées dans La Croix le 19 octobre dernier. Nos prélats y appellent à la réconciliation, voire même à la communion, tout en reprenant les éléments du narratif officiel de l’État. Quand M. Macron demande « qu’ont-ils dans la tête ? » pour répondre que « rien ne le justifie, rien ne l’explique, rien ne l’excuse », les évêques soutiennent que « c’est fou, c’est irrationnel ». Quand M. Macron croit parler au nom des Français en évoquant leur « colère » et leur « honte », les évêques parlent de « sidération », de « peur », de « désolation ». Quand M. Macron pose comme une évidence le partage de ceux qui « ont manifesté avec la volonté de porter des revendications légitimes », et des « factieux, issus de groupuscules d’ultragauche, rejoints par de nombreux délinquants », les évêques reprennent en chœur, rappelant les « revendications légitimes » des uns, tout en « condamnant » les « violences » des autres. Et pourtant, nous croyons avec Mgr Aubert que, nous chrétiens, nous pouvons et devons porter un « langage différent […], même si celui-ci peut paraître inaudible ».

Au lendemain de ce samedi…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev