Après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, un camarade a parlé dans lundimatin de la fin du régime chaviste comme d’un « nouveau mur de Berlin pour la gauche latino-américaine. » Ce qui est particulièrement vrai pour Cuba, île communiste en bras de fer avec son puissant voisin impérialiste depuis 1959 et très dépendante du pétrole vénézuélien. Nous avons passé un mois à la Havane, les yeux et les oreilles ouvertes à l’ambiance politique de ce petit bout des caraïbes.
Chute du mur tropical et blocus total
Au niveau géopolitique Cuba est plus isolé que jamais. La chute de Maduro ouvre le golfe aux yankees qui ont monté une petite équipe de bâtards d’extrême-droite, « le bouclier des Amériques » pour mettre au pas leur arrière cour. À la suite de quoi plusieurs pays latino-américains ont rompu leurs relations diplomatiques avec la Havane. Cuba, le phare de la lutte anti-impérialiste en Amérique latine, est symboliquement chassée du continent.
La pression de Trump sur les potentiels partenaires commerciaux comme le Mexique ou l’Espagne empêche toute solidarité et les rares alliés de Cuba sont loin ou affaiblis sur la scène internationale, comme le Vietnam, la Chine, la Russie ou l’Iran. La reddition du Venezuela sans combattre est vu depuis la Havane comme une trahison alors que 32 guêpes noirs, soldats des forces spéciales cubaines sont morts dans la bataille.
Avec la chute de Maduro, le blocus économique et énergétique qu’imposent les USA depuis plus de 50 ans à l’île est quasiment total. Ces effets, qui pourront être catastrophique à long terme pour la population (accès au soin, à l’eau et à la nourriture) pourrissent déjà la vie quotidienne des cubains.
Le manque de carburant (il faut trois mois pour accéder légalement à un plein ou payer 10 dollars le litre au marché noir) rend tous les transports compliqués. A la Havane, des motos triporteurs…
Auteur: dev

