Exilée à Londres depuis 2009, l’avocate iranienne Shirin Ebadi a livré mardi un témoignage d’une rare gravité devant la délégation aux droits des femmes du Sénat et la commission des affaires étrangères. Lauréate du Prix Nobel de la paix en 2003, née en 1947 à Hamadan, elle s’est imposée depuis des décennies comme l’une des voix les plus critiques du pouvoir iranien. Première femme juge en Iran avant la révolution islamique de 1979, elle avait été contrainte d’abandonner ses fonctions après la décision des autorités de démettre les femmes magistrates. Rétrogradée au poste de greffière dans le tribunal qu’elle présidait, elle avait finalement choisi la retraite anticipée, marquant le début d’un long combat pour les droits humains. En introduction de l’audition, la présidente de la délégation aux droits des femmes, Dominique Vérien, a évoqué « un moment charnière de l’histoire de l’Iran », réprimée avec « une extrême brutalité », décrivant un pays « semblable à un volcan en ébullition ».
« Malgré ce bain de sang, le peuple iranien ne se tait pas ».
Selon la lauréate du Prix Nobel de la paix 2003, les manifestations des derniers mois trouvent leur origine dans la dégradation économique, la pauvreté croissante et la corruption. « Le peuple iranien est descendu dans la rue pour exprimer son mécontentement face à la gouvernance de la République islamique et demander de façon pacifique un…
Auteur: Emma Bador-Fritche

