L’autocélébration n’est pas le genre de la maison. Comme l’ensemble de la presse, nous mesurons la suspicion qui pèse sur les journalistes ; notre baromètre annuel sur la confiance dans les médias en témoigne. Pour une fois cependant, rendons un hommage non seulement au journalisme mais aussi aux journalistes.
Et particulièrement à ceux qui prennent des risques pour informer. Comme en Iran. La Croix publie dans son édition du 2 février le récit des jours sombres qui ont ensanglanté le pays en janvier. Après un long silence, notre correspondant a donné signe de vie, au sens propre. Pendant la période de black-out, le journaliste n’a pas pu prendre le risque de communiquer. Ce qu’il a vu l’a épouvanté et il a été difficile pour lui de se remettre à l’écriture. Il le fait pourtant aujourd’hui : parce que dire la vérité sur ce qui se passe dans son pays est essentiel.
Comme en Iran, la situation des médias s’est considérablement dégradée dans beaucoup d’autres régions de la planète ces dernières années. Reporters sans frontières souligne que les conditions d’exercice du journalisme sont difficiles voire très graves dans la moitié des pays du monde, en raison des guerres et de l’emprise des régimes autoritaires.
À Gaza, le gouvernement israélien refuse depuis octobre 2023 l’accès du territoire aux journalistes israéliens ou étrangers. En République démocratique du Congo, en Afghanistan ou au Vietnam, faire son métier d’informer, c’est s’exposer. Travailler en Chine, en Russie et même en Inde est de plus en plus compliqué. Aux États-Unis même, deux journalistes ont été arrêtés en marge des manifestations à Minneapolis. Et nous n’oublions pas Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie.
La liste n’est pas exhaustive. Mais la réalité est implacable : la vérité et la justice ne sortent jamais vainqueurs lorsque la liberté d’informer est…
Auteur: Anne Ponce

