Le rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement, Michel Forst, a alerté les autorités françaises sur le sort de douze militants de Greenpeace, dans un courrier envoyé le 10 juillet et transmis à la presse le 9 septembre. Les militants s’étaient introduits en octobre 2024 dans le périmètre de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord) pour dénoncer le risque de submersion marine du site, appelé à accueillir deux futurs réacteurs EPR. Michel Forst se dit « particulièrement préoccupé » par des informations selon lesquelles les militants auraient été placés en garde à vue et soumis à des « traitements dégradants et des abus ».
Le 3 septembre 2025, le tribunal de Dunkerque avait condamné Greenpeace France à 30 000 euros d’amende et les douze militants à des amendes allant jusqu’à 800 euros. Le rapporteur onusien juge « profondément préoccupant » l’ensemble de la procédure : arrestations, garde à vue, contrôle judiciaire, condamnation pénale et demande de dommages-intérêts en cours. Il demande à la France de « mettre un terme à la persécution, à la pénalisation et aux mesures vexatoires présumées » visant l’ONG et les militants.
Michel Forst pointe également l’action civile intentée par EDF, qui réclame près de 805 000 euros de dommages-intérêts, une audience étant fixée au 17 septembre. Il estime que ce montant, qu’il juge excessif, « sert à réduire au silence et à menacer » les défenseurs de l’environnement. De son côté, EDF a répondu le 4 septembre, comme relaté par plusieurs médias, que sa demande d’indemnisation visait à couvrir les préjudices matériels et moraux résultant de l’intrusion sur le site.
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