Réprimer la joie, une obsession policière

Le maintien de l’ordre à la française ne fait pas de jaloux : il réprime les moments de colère et de contestation, comme les moments de joie. Après la victoire du PSG en finale de ligue des champions le samedi 30 mai, les supporters parisiens sont sortis dans la capitale pour célébrer leur club. Et comme l’année dernière, le dispositif était prévu pour réprimer et créer les conditions d’une répression : 8000 policiers déployés pour 780 interpellations. Les scènes étaient particulièrement violentes : la lacrymo inondait les métros, les contrôles arbitraires bloquaient les axes permettant de rejoindre l’avenue des Champs-Elysées et enfin, une fois sur place, c’est une gigantesque nasse qui vous attend et des charges policières régulières et violentes. Au moins trois mineurs ont été mutilés en 24h par la police.

Cette violence, on la connaît. C’est ainsi que la France gère les mobilisations populaires de masse comme le mouvement des Gilets Jaunes, Bloquons Tout ou encore les soulèvements de quartiers suite au meurtre du jeune Nahel par un policier. Mais, c’est désormais quelque chose qu’on retrouve aussi dans les moments de joie : les jeunes qui se baignent dans le canal Saint Martin à Paris, en pleine canicule, sont réprimés ou encore les free partys et les raves où pleuvent les amendes et les interventions excessivement brutales. Et le foot est un laboratoire intéressant pour comprendre la politique du tout-répressif en France.

Le stade, terrain d’expérimentation

Pour saisir pourquoi la célébration d’une victoire sportive finit dans les gaz lacrymogènes, il faut remonter à ce qui s’est passé dans les stades eux-mêmes. Depuis le « Plan Leproux » de 2010, le PSG a été le terrain d’une opération méthodique visant à vider les tribunes populaires pour les remplacer par des « clients » solvables. Les supporters du Virage Auteuil (majoritairement issus des quartiers et/ou des…

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Auteur: Amine Snoussi

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