Repris par ses salariés, Duralex refuse de casser

La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret), reportage

« Nous sommes aux anges, mais il y a du boulot. » Devant une salade César « sans salade », le directeur général de Duralex, François Marciano, hésite entre le délice et la trouille, en un mot, la fébrilité. Le 26 juillet, le tribunal de commerce d’Orléans a tranché : Duralex va devenir une société coopérative ouvrière de production (Scop). Dès le 1er août, la société mythique de verre trempé appartiendra à ses salariés, qui plébiscitaient le projet à 60 %. Désormais, Marciano et ses équipes se trouvent au pied de la montagne. Et un peu en tongs, semble-t-il, au vu des enjeux faramineux que représentent la reprise et le maintien à flot d’une usine de cette envergure.

Le 1er août, Duralex ne sera plus aux mains de la Compagnie française du verre, également propriétaire de Pyrex, qui l’avait obtenue à la barre du tribunal d’Orléans en 2021. La reprise par les salariés est activement soutenue par la métropole d’Orléans, qui a prévu d’acheter le site de l’usine, son four et ses prairies occupées par des chevaux, pour une somme évaluée entre 5 et 8 millions d’euros. Dans le dossier consulté par Reporterre, le maire d’Orléans, Serge Grouard, ex-LR, qui n’a pas pu répondre à nos questions, s’engage « avec tout son soutien » à « acquérir le bâti foncier, se porter garant d’emprunts et contribuer aux gains de productivités, notamment sur le sujet de l’eau et de l’énergie ». Un geste censé convaincre les banques de financer le projet. Le dossier comprend aussi des lettres de soutien de la Caisse d’épargne ou du Crédit agricole, mais encore aucun prêt à ce jour. De son côté, la région Centre-Val de Loire double l’apport au capital des salariés à ce jour, environ 120 000 euros.

2,5 millions d’euros par mois de coûts de production

Le projet de reprise a reçu l’aval du juge du tribunal de commerce face à deux…

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Auteur: Jérémy Piot, Laure Noualhat

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