Amélie de Lombard de Montchalin, pur produit néolibéral et macroniste fidèle, est nommée envers et contre toute impartialité à la Cour des comptes, où elle sera chargée d’évaluer les politiques… qu’elle a elle-même conduit à Bercy.
L’annonce est tombée le 9 février : Macron utilise ses prérogatives présidentielles pour nommer sa Ministre Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes. Pour le commun des mortels, cela peut sembler un peu obscur, mais il s’agit en réalité d’une décision d’une importance capitale et stratégique. Macron est en train de verrouiller les postes clé de la Cinquième République, avec ses plus proches soutiens.
Verrouiller les postes clés
La Cour des comptes, c’est un organe judiciaire crée en 1807 par Napoléon chargée de contrôler les finances de l’État français. En principe indépendante, les avis qu’elle rend servent notamment aux parlementaires et au gouvernement pour constituer le budget de l’État, et pour allouer les financements aux divers organismes bénéficiant d’argent public. Elle remplit donc en théorie le rôle d’une institution qui pourrait critiquer l’action du gouvernement. À sa tête, on trouve le Premier président de la Cour des comptes, dont le poste est inamovible.
Cette nomination de Montchalin, qui tombe juste après avoir été Ministre du Budget, fait craindre à raison de nombreux conflits d’intérêts, comme ont alerté les magistrats de la Cour des comptes. En passant d’une fonction où elle porté des mois durant les plans d’austérité adoptés par 49-3, comment imaginer que les avis qu’elle rendra sur les politiques en cours puissent être impartiaux ? Et comme cette fonction cruciale est inamovible, Amélie de Montchalin restera donc en fonction pendant 28 ans, jusqu’à ses 68 ans. Soit jusqu’en en 2053, sans que les futurs gouvernements ne puissent la remplacer, sauf en cas de démission…
Auteur: B

