Les railleries répétées de Donald Trump sur le Canada — « 51ᵉ État américain », dit-il — provoquent le chaos parmi la classe politique canadienne.
En témoignent les dernières réprimandes du premier ministre ontarien Doug Ford à l’endroit de son homologue albertaine, Danielle Smith, après sa visite chez le président désigné en compagnie des personnalités médiatiques de sa province, tels l’investisseur Kevin O’Leary et le psychologue Jordan Peterson.
Si ces brimades produisent un tel effet, c’est parce qu’elles révèlent des lignes de fracture rarement discutées à savoir l’effritement des alliances internes et l’écart entre la vision de la classe dirigeante actuelle et les nouvelles réalités économiques et démographiques du pays — une situation dont Trump tente de tirer parti.
Déclin de l’influence « laurentienne »
Le nœud de l’affaire concerne l’affaiblissement du partenariat historique entre l’Ontario et le Québec, dit « alliance laurentienne », qui façonne la dynamique du pouvoir depuis le début de la Confédération.
À certains égards, le Canada se réduit à un ensemble de groupes disparates qui ont poliment dit « non » à l’expérience américaine, à commencer par l’Ontario et le Québec.
Or, les immigrants — qui assurent aujourd’hui la majeure partie de la croissance démographique canadienne — sont en général fort peu investis de cette vision historique et entretiennent des priorités économiques souvent autres.
Et c’est ici que se joue le drame : une nation riche et prometteuse se délite par la myopie d’élites politiques incapables de tenir compte de ces évolutions.
La presse…
Auteur: James Magnus-Johnston, Chair, Political Studies, Canadian Mennonite University; PhD Researcher, McGill University

