Depuis la fin de la semaine dernière j’ai passé plusieurs heures au téléphone avec plusieurs médias et journalistes au sujet des mouvements sociaux en cours et de la place et du rôle des réseaux / médias sociaux. Alors je vais tenter de poser ici, ce qui me semble essentiel dans ces échanges et qui (faute de place et de diverses contraintes que par ailleurs je comprends parfaitement) se trouvera trop souvent résumé et expurgé jusqu’à ne plus vouloir dire grand chose.
D’abord je précise que je préfère parler de « médias sociaux » plutôt que de « réseaux sociaux ». Et ce car la fonctionnalité de mise en contact de profils – le côté réseau social donc – est de même niveau d’importance que la capacité d’accéder à des productions médias ou d’en devenir un soi-même – de média – au travers de logiques d’influence.
Allez on y va.
Alors quel est le rôle de ces fameux médias sociaux dans les mobilisations en cours ?
Il s’agit en fait de trois rôles.
D’abord une fonction d’organisation (en amont et en temps réel) qui passe par les « grands » médias sociaux au travers d’un filtre générationnel (dans les mouvements lycéens on est plutôt sur Snapchat et TikTok, dans les mouvements étudiants sur TikTok et Insta, etc.) mais aussi, pour cette fonction d’organisation, par tout l’éventail des messageries sociales : celles intégrées aux plateformes (DM Insta par exemple) ou celles externalisées et dédiées (Whatsapp, Telegram, Signal principalement).
Ensuite une fonction d’appartenance : partager une vidéo, une image, un post, c’est acquérir du capital social. Simple, basique.
Enfin une fonction de documentation. Documenter le réel, « son » réel, et le faire dans la perspective d’une archive sociale personnelle que l’on valorisera plus tard (un peu à lamanière des Dump sur Instagram) mais aussi avec la conscience un peu plus diffuse que ces éléments de documentation…
Auteur: Olivier Ertzscheid
