Résine, fibres de verre… Les épaves polluent la mer et les animaux marins

Audierne et Plouhinec (Finistère), reportage

L’épave a des allures de carcasse où seules la colonne vertébrale et quelques côtes subsistent. Le goémon qui la recouvre indique qu’à marée haute, le squelette est entièrement noyé. Partout autour, sur un lit de vase aux allures de sable mouvant, des dizaines d’autres embarcations plus ou moins en voie de décomposition gisent elles aussi, l’air apparemment inertes. Mais en laissant traîner un peu l’œil sur ce cimetière de bateaux, situé dans l’estuaire du Goyen, entre les communes d’Audierne et de Plouhinec (Finistère), un autre décor apparaît : le site est pollué.

Sur des dizaines de mètres, entre des algues et des coquillages attendant la prochaine marée, des centaines de petits déchets tapissent le sol de l’estran. Il s’agit souvent de morceaux de peinture écaillée qui se détachent des bateaux au fil du temps et au gré des vents et marées. Ou bien de morceaux de coques de bateaux en fibre de verre. Ou d’autres types de déchets encore, telle que cette vitre en plastique plantée dans la vase.

Avec son association Floating Stories Lab (« Laboratoire d’histoires flottantes »), basée à Plouhinec, Angie Richard entend alerter sur le coût environnemental des cimetières de bateaux : « Tout ceci, ce n’est pas du patrimoine. Ce sont des déchets et de la pollution », déplore l’Australienne d’origine, également réalisatrice de documentaires sur l’environnement, tout en bravant la vase du Goyen, bottes aux pieds. C’est en emménageant en Bretagne il y a deux ans, et « en découvrant tous ces bateaux abandonnés partout dans la région », qu’Angie s’est intéressée à ce sujet.

Des microparticules de résine et de fibres de verre

Témoins de l’histoire maritime, appréciés des peintres et des photographes, servant parfois à illustrer les cartes postales, les cimetières de bateaux sont généralement présentés comme…

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Auteur: Chloé Richard

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