Mesurons-nous à quel point la séquence électorale qui vient de s’achever va durablement affecter notre vie sociale et politique ? D’abord parce que la progression vertigineuse de l’extrême droite et la crédibilité de la perspective de sa prise de pouvoir à court ou moyen terme ont généré une hausse inédite des actes racistes et antisémites. La responsabilité du Rassemblement national et des médias est incontestable.
Plusieurs milliers de personnes, faisant figure d’immigrés, vivent cette violence dans leur chair au quotidien – qu’elle soit physique, verbale ou symbolique par la discrimination au travail par exemple. Ensuite parce que le regain d’intérêt des Français pour les élections – leur participation aux législatives a été exceptionnelle – n’a pas été suivi d’effet.
Dans quelle démocratie on ne rend pas le pouvoir après avoir perdu ?
Bien qu’ils aient mis en échec Macron et ses amis au Parlement européen, Ursula von der Leyen reste présidente de la Commission européenne. Bien qu’ils aient mis en échec Macron et ses amis au Parlement français, Gabriel Attal et Yaël Braun-Pivet conservent leur poste de premier ministre et de présidente de l’Assemblée nationale. Ainsi Aurore Bergé s’est-elle félicitée sur X, après trois défaites successives, de ce statu quo délirant :
« La plus belle des victoires, c’est celle de la démocratie, celle du vote, dans la clarté et le respect de nos valeurs ! » Contrairement à ce qu’elle dit, leur plus belle des victoires, c’est bien celle du déni de ce qu’ont exprimé les électeurs. Dans quelle démocratie on ne rend pas le pouvoir après avoir perdu ?
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Auteur: Pierre Jacquemain

