Les événements de ces derniers jours au Mali nous proposent, implicitement, et parfois explicitement, une lecture trop simple mais récurrente d’un antagonisme entre un pouvoir militaire, qui serait un moindre mal, et des djihadistes qui incarneraient le péril absolu. Cette analyse en rappelle d’autres, en Syrie notamment, quand une certaine sympathie « laïque » et médiatique allait à Bachar Al-Assad plutôt qu’aux rebelles d’Idlib, confondus avec Daech. Elle est tout aussi erronée cette fois. Les choses sont hélas plus complexes et plus confuses. Que les djihadistes maliens, nigériens ou burkinabés constituent le pire des périls pour la population n’est guère discutable. Mais qui sont-ils ? D’où viennent-ils ?
Le pouvoir malien ne manque pas de régler ses comptes avec tout ce qui ressemble à un démocrate.
Où l’on découvre les interactions et les interférences avec les pouvoirs militaires. Des gradés issus de la junte malienne ont récemment été soupçonnés d’implication dans les attaques djihadistes. Et le pouvoir lui-même ne manque pas de régler ses comptes avec tout ce qui ressemble à un démocrate. En témoigne l’enlèvement de l’avocat des droits de l’homme Mountaga Tall, opposant au régime. En 2025 déjà, le collectif de journalistes Forbidden Stories avait accusé les mercenaires russes à la solde de la junte d’avoir « kidnappé et détenu des centaines de civils sur d’anciennes bases de l’ONU et dans des camps militaires partagés avec l’armée malienne ». Trois organisations ont récemment déposé une plainte devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples pour des violences imputées aux forces armées maliennes et au groupe russe Wagner.
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Auteur: Denis Sieffert

