Tandis que l’extrême droite tisse un suaire noir sur l’Europe et qu’en France la dissolution de l’Assemblée nationale a créé une dramaturgie extrême autour du cauchemar d’un retour au pouvoir de l’extrême droite en France, le sursaut civique des législatives doit perdurer. Le danger est en effet grand de voir la démocratie illibérale triompher en France comme c’est le cas dans plusieurs États européens déjà, avec ses régressions en matière de libertés et de droits fondamentaux, ses fièvres identitaires, ses politiques de rejet, de nationalisme exacerbé et ses politiques antimigrants de plus en plus inhumaines.
Répondre à la crise démocratique, à l’hystérie identitaire, aux colères et aux fractures sociales.
À l’heure où les deux périls vitaux pesant sur l’avenir de l’humanité sont l’inhabitabilité de la Terre et la menace de la guerre, on assiste au reflux des idées humanistes, égalitaristes et écologistes. Or, ce sont les forces sociales porteuses de ces idées qui pourront demain répondre à ces deux menaces majeures. À condition de mener et de gagner la bataille culturelle que les tenants des idées de rejet, de repli et de haine sont en train de remporter. Cela prendra du temps, de l’énergie car il faut réinvestir le champ culturel, médiatique en recréant des corps intermédiaires afin de répondre au délitement de notre société.
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Les fractures sont sociales mais aussi territoriales. C’est pourquoi il convient de développer sur l’ensemble des territoires (urbains, périurbains et ruraux) des projets qui recréent du commun, qui retissent du lien social, des solidarités entre des personnes se vivant déclassées et abandonnées. Cet ancrage dans le local est essentiel….
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Auteur: Sébastien Barles

