L’idée de cette intervention m’est venue après deux années à parcourir la France et un nombre considérable d’interventions et d’échanges allant des squats à l’Assemblée Nationale, des librairies aux bars, des maisons de quartier aux territoires ruraux en passant par les bourses du travail, espaces autogérés, Tiers-Lieux ou permanences de partis.
Invité par des militants antifascistes, autonomes, écologistes, syndicalistes, insoumis, des collectifs antiracistes, décoloniaux ou associatifs, je dédie ce texte à toutes les rencontres que j’ai pu y faire et qui ont nourri ce modeste brin de réflexion.
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À gauche on a tendance à se poser une question de manière quasi obsessionnelle en se demandant comment conquérir le pouvoir. En réaction, on oppose une seconde question, celle de construire des contre-pouvoirs capables de résister au pouvoir en place. Je ferai volontairement abstraction des oracles qui prophétisent un grand soir hypothétique de manière incantatoire, fantasmant sur la destruction du pouvoir ou sa prise – avant même de penser à comment s’adresser aux masses. Toujours est-il que les deux premières interrogations restent évidemment essentielles.
Mais j’ai le sentiment qu’elles ne suffisent plus à décrire les défis auxquels nous sommes confrontés. La question qui me semble aujourd’hui décisive est peut-être plus simple, mais vraisemblablement beaucoup plus exigeante serait plus de penser comment rendre une société durablement capable de s’organiser d’elle-même pour résister au fascisme, au capitalisme, à l’impérialisme et à l’écocide, et de là quelles alternatives concrètes proposer face à ça ?
Si je formule les choses de cette manière, c’est parce que les dix dernières années en France constituent un formidable laboratoire pour y réfléchir. Depuis le mouvement contre la loi Travail en 2016, en passant par les Gilets jaunes, les mobilisations contre la réforme des…
Auteur: ugopalheta
