Cette guerre-là ne fait pas la une et ne se compte pas en lignes de front, mais en pas malheureux, en gestes d’enfants fatidiques et en retours trop précoces. Lors d’un point de presse à l’ONU, mercredi, deux responsables du service de déminage des Nations Unies (UNMAS) ont décrit une menace diffuse, persistante, et largement sous-estimée, celle des restes explosifs de guerre.
« L’Éthiopie risque de devenir un “conflit oublié d’après-guerre” », a ainsi averti Rob Syfret, chef du programme de lutte antimines dans le pays. Quatre ans après la fin de la guerre civile dans le nord, qui opposait depuis 2020 le gouvernement fédéral au Front de libération du peuple du Tigré (FLPT), « des zones du pays restent jonchées de restes explosifs de guerre qui continuent de tuer et de mutiler des civils ».
Le conflit, l’un des plus meurtriers de ces dernières années en Afrique, a fait des centaines de milliers de morts et laissé derrière lui des territoires entiers contaminés. Dans certaines villes, ces armes dormantes sont selon M. Syfret visibles à ciel ouvert : « des obus de mortier non explosés à côté des maisons », « des piles d’obus d’artillerie dangereusement dégradés stockés au milieu des villes », menaçant « les habitations, les écoles, les marchés et les aires de jeux ».
Une paix entravée
Loin d’être un simple héritage de guerre, ces explosifs compromettent la sortie de crise elle-même.
« Négliger les pays engagés sur la voie de la paix les fera replonger dans la guerre », a mis en garde le responsable de l’UNMAS, dénonçant le déplacement des financements vers « des crises plus médiatisées ». Dans les zones contaminées, l’insécurité persiste de manière imprévisible et quotidienne.
L’impact est systémique. « Dans les zones polluées par des explosifs, leur élimination est fondamentale pour presque tous les objectifs de développement durable », a-t-il rappelé. Sans déminage, pas…
Auteur: Nations Unies FR

