Dimanche 22 mars 2026, sept communes françaises ne sont pas parvenues à trancher entre les prétendants à la mairie. Dans cinq d’entre elles – Val-de-Scie, en Seine-Maritime ou Trémouille-Saint-Loup, dans le Puy-de-Dôme – où seulement deux listes s’affrontaient, chacune a reçu précisément 50 % des voix. Dans les deux autres, deux listes sur trois ont reçu l’exact même nombre de votes. À Romazières (Charente-Maritime) et à Seignalens (Aude), il y avait déjà égalité parfaite au premier tour et le second n’a pas suffi à départager les listes.
Les électeurs ne seront toutefois pas convoqués pour un troisième dimanche de vote. Car dans ces sept villes, c’est la liste dont les candidats ont la moyenne d’âge la plus élevée qui l’a emporté. Une disposition prévue par l’article L. 262 du code électoral et qui vaut pour toutes les élections locales. Il en va donc de même pour les scrutins départementaux ou législatifs, où c’est le doyen qui est déclaré vainqueur. Une prime à l’ancienneté héritée du droit romain, qui faisait de la gérontocratie (le pouvoir des anciens) une garantie de la bonne gestion des affaires publiques.
Une règle qu’on ne retrouve qu’en France et en Italie
Cette anomalie n’a toutefois rien d’une norme internationale. Si on retrouve des usages similaires dans certaines assemblées locales anciennes, ils n’ont plus cours aujourd’hui ailleurs qu’en France et en Italie, qui l’applique aussi pour ses élections municipales.
Ailleurs dans le monde, les façons de départager deux candidats qui auraient reçu le même nombre de voix diffèrent d’un pays à l’autre. L’Allemagne prévoit qu’un nouveau scrutin doit être organisé, tandis que le Royaume-Uni privilégie le tirage au sort. En 2022, à l’occasion d’élections locales, deux candidats britanniques (dans la circonscription de Carmarthenshire’s Bigyn) ont ainsi scellé…
Auteur: Maud Guilbeault

