Par-delà ses postures récentes, Bruno Retailleau semble avoir trouvé sa boussole : elle ne pointe plus vers l’avenir énergétique du pays, mais vers l’électorat de Marine Le Pen. En s’en prenant publiquement aux subventions accordées aux énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire, le ministre de l’Intérieur – par ailleurs patron des Républicains (LR) – ne s’adresse pas tant au gouvernement auquel il appartient encore qu’aux franges radicalisées de la droite et de l’extrême droite.
Cette posture de rupture, teintée de climatoscepticisme, vise à réactiver un imaginaire de la France périphérique.
Le « populisme vert » qu’il brandit n’a rien d’écologique, il est une traduction de la trumpisation des esprits. Pourtant, l’homme n’a pas toujours été hostile au renouvelable. Président de la région Pays de la Loire, Bruno Retailleau a injecté plusieurs millions d’euros dans le développement du solaire et de l’éolien. Mieux ! Il revendiquait dans un livre son engagement personnel, comme le rappelle Le Nouvel Obs dans une enquête qui lui est consacrée : « J’ai moi-même fait installer sur ma toiture 30 mètres carrés de panneaux photovoltaïques », s’enorgueillissait-il alors.
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Mais aujourd’hui, c’est cette même filière qu’il veut étrangler, en demandant l’arrêt pur et simple des subventions publiques. Ce grand écart politique n’est pas une contradiction. C’est une stratégie. Retailleau veut plaire. Ainsi tente-t-il de capter l’attention médiatique et de séduire par une rhétorique anti-écologiste, antitechnocratique et identitaire. Cette posture de rupture, teintée de climatoscepticisme, vise à…
Auteur: Pierre Jacquemain

