Dans son livre Jusqu’au bout : vieillir et résister dans le monde ouvrier (publié aux éditions La Découverte), le sociologue Nicolas Renahy présente les résultats d’une enquête inédite réalisée auprès d’une population invisibilisée dans la société française : les classes populaires retraitées.
Immergé dans le groupe de la CGT retraité·es de Peugeot Sochaux Montbéliard grâce à Christian Corouge, OS[1] retraité, Nicolas Renahy nous révèle un quotidien fait de solidarités matérielles afin de faire face à la vieillesse et aux inégalités qui s’accroissent à la retraite. Loin de renier leurs idéaux, ils et elles battent le pavé et n’oublient rien de leurs combats passés formant un groupe dépassant le simple cadre syndical.
Dans cet entretien, Nicolas Renahy et Christian Corouge reviennent sur l’histoire ouvrière de Peugeot Sochaux et ses luttes au regard des conditions de vie actuelles des retraité·es de cette usine, tout en esquissant des pistes de réflexions face à l’urgence sociale et politique.
« Une fois à la retraite, il faut faire retour sur la condition ouvrière parce que la condition ouvrière, elle ne s’arrête pas au moment où on part en retraite. »
Nicolas Renahy
Contretemps – Le livre débute par votre rencontre, Christian Corouge et Nicolas Renahy. Vous évoquez ensuite des grands noms de la sociologie française comme ceux de Michel Pialoux et Stéphane Beaud pour leur livre Retour sur la condition ouvrière, et Pierre Bourdieu avec La misère du monde. Vous expliquez le rôle pivot de Christian dans ces différentes enquêtes sociologiques et la genèse de votre livre Jusqu’au bout. Pouvez-vous revenir tous les deux sur cette filiation sociologique et évoquer les liens avec votre histoire hors normes d’ouvrier syndicaliste à la chaîne ?
Nicolas Renahy – En 1993, je suis étudiant à Paris 5 en maîtrise d’anthropologie sociale quand paraît La misère…
Auteur: redaction

