L’émeute de Vaulx-en-Velin : l’événement a été longuement commenté, des années mêmes après ce mois d’octobre 1990. Il connaît un destin tel qu’il prend place, dans les chronologies officielles de la politique de la ville, comme une deuxième date de naissance : dix ans après les “ rodéos des Minguettes ” de l’été 1981, il semble évident que “ Vaulx-en-Velin ” marque une nouvelle étape dans la prise de conscience d’un problème jusque-là nié ou occulté.
Quel est cet événement ? Le 6 octobre 1990, une moto se renverse au niveau d’un barrage de police qui cherche à la stopper. La mort du passager, un jeune handicapé, Thomas Claudio, déclenche la colère des jeunes de Vaulx-en-Velin. Des affrontements avec la police ont lieu, suivi d’un incendie et de pillages du centre commercial. Quel est le sens ce cet événement ? Le 8 octobre 1990, Le Progrès de Lyon titre en “ une ” : “ Vaulx-en-Velin. L’émeute ”. Suit cette phrase de commentaire reprise dans l’article des pages intérieures : “ Neuf ans après Vénissieux, la maladie des banlieues n’est toujours pas guérie ”.
Deux mois plus tard, le 19 décembre 1990, le sociologue Alain Touraine déclare, au cours d’une conférence organisée par la Délégation interministérielle à la ville et la revue Esprit : “ Le problème d’aujourd’hui n’est pas l’exploitation, mais l’exclusion ”, et termine par cette sombre prévision :
“ Nous disposons de fort peu d’années avant que nous ne connaissions des explosions urbaines de grande envergure à l’américaine ”.
Le même mois, décembre 1990, François Mitterrand se rend dans une commune proche, Bron, invité par Banlieues 89, une des missions “ pionnières ” de la politique de la ville, animée par l’architecte Roland Castro. Lors de ces assises, intitulées “ Pour en finir avec les grands ensembles ”, le Président de la République dénonce “ la terrible…
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Auteur: Sylvie Tissot

