Était-ce prévisible ? Dans un communiqué de presse qui ne fait pas dans le détail, l’ensemble des organisations syndicales représentatives de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), dénoncent une dégradation « dramatique » des conditions de travail et une surcharge « insoutenable » de travail pour les « techniciens retraite », en charge du calcul et du paiement des retraites, en Île-de-France.
La situation décrite est particulièrement tendue. En sous-effectif, avec des outils informatiques qui fonctionnent mal, les agents n’arrivent plus à gérer l’afflux de demandes de retraites. Au point que plusieurs dizaines de milliers de dossiers – dont beaucoup d’urgents – seraient toujours en attente de traitement. Selon nos informations, 43 000 dossiers étaient toujours en stock, en Île-de-France, au 31 décembre 2024.
On ne respecte même plus les droits des assurés !
« On traite des dossiers de personnes qui sont parties à la retraite en septembre ou en octobre 2024, en décembre ou en janvier. Donc pendant quatre mois, elles n’ont pas eu le droit à leur retraite. On ne respecte même plus les droits des assurés ! », souffle un technicien retraite francilien. « Pour utiliser le jargon de notre direction, le stock qu’on a accumulé n’est pas ‘sain’. C’est-à-dire qu’on a beaucoup de demandes de retraites qui sont déjà dépassées ou qui vont être très prochainement dépassées », assure Romain Rivière, délégué syndical de la CGT à la Cnav.
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Auteur: Pierre Jequier-Zalc

