La suspension de la réforme des retraites marque-t-elle une victoire du camp social ? Mercredi, l’Assemblée nationale a voté le report de la réforme Macron, gelant jusqu’en 2028 le passage à 64 ans et l’allongement de la durée de cotisation. Une concession arrachée par les socialistes à Sébastien Lecornu pour éviter la censure. PS, écologistes, RN, LIOT et démocrates ont soutenu la mesure ; les macronistes se sont abstenus. Les insoumis et les communistes, eux, ont voté contre, réclamant l’abrogation pure et simple.
Les socialistes crient victoire, accusant une partie de la gauche d’avoir rejeté une “avancée sociale”.
Mais cette suspension – ce décalage plutôt – souligne surtout l’essoufflement des conquêtes : on ne progresse plus, on limite les dégâts. D’autant que Gabriel Attal, dans un échange a notre micro à l’Assemblée, a défendu la capitalisation, évitant toute réponse précise. Une orientation qui interroge : n’est-ce pas là le début d’un détricotage plus profond du système français ?
Reste que tout dépendra du vote final du budget de la Sécurité sociale. Pour l’heure, les députés ont rejeté le gel des prestations pour 2026, mais le texte doit encore passer par le Sénat.
En 2025, la Sécurité sociale fêtera ses 80 ans. Huit décennies d’un pacte fondateur : la protection collective, financée par la solidarité, pour garantir à chacun une vie digne. Un anniversaire qui rappelle ce que le pays peut perdre… ou choisir de préserver.
Lisa Lap et Andreï Manivit sont allés interrogés les politiques au Palais Bourbon. Car, finalement, Sébastien Lecornu s’en sort plutôt bien dans tout ça ?
Lisa Lap et Thomas Porcher décryptent tout cela, c’est l’Instant Porcher
Auteur: Le Média

