Il y a eu comme un espoir. Vague, certes, mais tout de même. Depuis quelques jours, la macronie semblait prête à remettre sur la table le sujet de la réforme des retraites. Jusque-là, elle restait arc-boutée sur ce totem injuste et antisocial depuis son adoption en force, au printemps 2023. C’est, du moins, ce qu’ont cru les socialistes dont la crédulité n’a d’égal que le coup de Trafalgar que leur a adressé François Bayrou lors de son discours de politique générale.
Les députés socialistes ont été élus sur un programme on ne peut plus clair. Dans celui-ci, l’abrogation de la réforme des retraites d’Élisabeth Borne et d’Emmanuel Macron figure tout en haut de la liste des mesures défendues en juillet dernier. Mais, sans majorité claire dans l’hémicycle, les roses ont pris le parti de négocier avec ceux qui, un an et demi plus tôt, ont imaginé et mis en place cette même réforme. Et qui, depuis, et à de multiples reprises, ont tout fait pour éviter que le Parlement puisse revenir dessus.
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De jour en jour, le vocabulaire a donc changé. L’abrogation est devenue suspension, la suspension s’est transformée en gel temporaire. Et, après un vague coup de chaud, le gel s’est liquéfié en… rien du tout. Ainsi, à la tribune du Palais Bourbon, François Bayrou a commencé par annoncer qu’il voulait « remettre [le] sujet [des retraites] en chantier, avec les partenaires sociaux, pour un temps bref. » Le tout, selon ses mots, avec « une méthode inédite et quelque peu radicale ». De quoi faire espérer aux parlementaires à la rose que leur esprit de « responsabilité » et de « gouvernement » allait – enfin ! – permettre d’obtenir des…
Auteur: Pierre Jequier-Zalc

