Retraites : plus personne ne peut nier la mascarade

« Non.  » Il a suffi d’un petit mot de trois lettres pour que tous les efforts de François Bayrou pour se présenter comme l’apôtre de la démocratie sociale soient balayés. Alors que les négociations entre partenaires sociaux sur les retraites battaient leur plein depuis plusieurs semaines, le premier ministre est venu clore radicalement le débat sur un éventuel retour aux 62 ans. « Non. » Idéologiquement, cela n’étonne personne. Macroniste de la première heure, fervent inquisiteur de la « dette », François Bayrou n’a jamais caché son logiciel néolibéral, dont la réforme des retraites de 2023 est issue.

Avec un conclave aux airs de supercherie, le premier ministre s’était acheté une forme de tranquillité.

Politiquement, en revanche, la manœuvre a de quoi étonner. Pour cause, le premier ministre a été assez malin jusqu’à présent pour se maintenir à Matignon malgré sa minorité parlementaire. Le « conclave » sur les retraites, « sans totem ni tabou », y était pour beaucoup. Il a permis au Parti socialiste d’affirmer avoir obtenu des « concessions » et, donc, de ne pas le censurer. Il a obligé les syndicats à négocier, les divisant entre les partisans d’une abrogation totale de la réforme de 2023 – CGT en tête – et ceux prêts à négocier un accord avec le patronat – comme une baisse de l’âge à 63 ans.


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La stratégie fonctionnait donc, jusqu’à présent, à merveille. Avec un conclave aux airs de supercherie – n’oublions pas qu’en cas de non-accord entre syndicats et patronat, rien ne change –, le premier ministre s’était acheté une forme de tranquillité jusqu’à début juin. Et rien ne semblait pouvoir la perturber. Ni le…

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Auteur: Pierre Jequier-Zalc

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