Il y a 150 ans, le 30 janvier 1875, l’adoption de l’amendement Wallon ouvrait la voie au vote des lois constitutionnelles de la IIIe République, première expérience durable en France de démocratie parlementaire. Ce modèle pourrait-il nous aider à sortir de l’impasse politique et institutionnelle actuelle ?
En mai 1870, le Second Empire semble ressourcé par le plébiscite constitutionnel qui libéralise le régime et rend des droits au Parlement. Pourtant, la guerre déclarée par Napoléon III à la Prusse le 19 juillet 1870 tourne au désastre pour l’armée française. La défaite de Sedan et la capitulation de l’empereur entraînent le 4 septembre 1870 la chute du régime et la proclamation de la IIIe République.
Il faut cinq années à la République pour se doter enfin d’institutions en raison de la composition de la « Chambre introuvable » élue en février 1871. Souhaitant avant tout la fin de la guerre, les Français accordent massivement leurs voix aux monarchistes, majoritaires à l’Assemblée nationale (400 sur 675 élus) mais profondément divisés. La restauration de la monarchie semble alors proche. L’intransigeance du prétendant au trône, le comte de Chambord, qui refuse par exemple le drapeau tricolore, rend impossible le projet d’un retour à la monarchie. Cela conduit bon nombre d’orléanistes, sous l’impulsion d’Adolphe Thiers, à se résoudre à la République, pourvu qu’elle soit parlementaire et conservatrice. L’acceptation de la République constituant la ligne de partage des eaux entre la droite et la gauche, c’est donc au centre de l’Assemblée nationale que tout se joue.
Musée Carnavalet
L’amendement Wallon et les lois…
Auteur: Walter Badier, Maître de conférences en histoire contemporaine, Université d’Orléans

