Loin d’être un événement isolé, la mobilisation qui traverse aujourd’hui l’Iran s’inscrit dans une séquence de soulèvements populaires qui dure depuis plusieurs années. Depuis les grandes vagues de protestation de 2017-2018, puis celles de 2019 et les révoltes déclenchées par l’assassinat de Jina Mahsa Amini, la contestation n’a jamais réellement cessé. Elle connaît aujourd’hui un nouvel épisode d’ampleur nationale, nourri par une colère sociale profonde et par l’épuisement d’une population confrontée à la crise économique, à la corruption et à une répression systématique.
Partie de revendications sociales, cette mobilisation s’est une nouvelle fois transformée en contestation politique directe d’un régime autoritaire prêt à tuer pour se maintenir. Des manifestations ont éclaté dans les grandes artères de Téhéran, mais aussi à Tabriz, Mashhad, Abadan, Kermanshah et dans de nombreuses régions kurdes de l’ouest du pays. Le slogan « mort à Khamenei », en référence au guide suprême Ali Khamenei, s’est imposé comme un cri de ralliement, exprimant un rejet explicite du pouvoir en place et de son architecture théocratique. Face à cette révolte persistante, la répression s’intensifie, tandis que les tentatives de récupération impérialiste se multiplient.
Une contestation diffuse et difficile à étouffer
Dans les zones kurdes, des appels à la grève ont été massivement suivis : commerces fermés, rues désertées, arrêt de l’activité économique locale. Dans le sud du pays, des manifestants ont renversé une statue de Qassem Soleimani, figure centrale du régime et pilier de sa projection militariste régionale. Ce geste, hautement symbolique, illustre une rupture nette avec la propagande officielle et le culte des « martyrs » instrumentalisés par le pouvoir.
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Auteur: Elena Meilune

