Révoltes : le prix du déni

Après la mise en ligne de la vidéo montrant la mort brutale de Nahel, un adolescent de 17 ans abattu à bout portant le 27 juin dernier par un policier alors qu’il était au volant de sa voiture, les révoltes ont gagné les rues de nombreux quartiers populaires. Dans cet article initialement publié dans The Guardian le 30 juin dernier, Rokhaya Diallo revient sur la longue histoire, bien française, d’un déni : celui de l’existence des violences racistes au sein de la police.


« La France vit son moment George Floyd », ai-je lu à plusieurs reprises dans les médias internationaux, comme si la France s’éveillait soudainement à la question des violences racistes de la police. Cette affirmation naïve contient en elle seule l’histoire d’un déni : celui de violences systémiques sont inhérente à l’histoire de France depuis des décennies.

Mon engagement antiraciste est né d’une tragédie du même ordre : en 2005 alors qu’ils prenaient le chemin de leur foyer après un match de foot entre amis, trois adolescents de 15 à 17 ans sont soudainement pris en chasse par des policiers. Bien qu’ils n’aient rien à se reprocher, la peur conduit ces jeunes à peine sortis de l’enfance à se réfugier dans un transformateur électrique. Deux d’entre eux Zyed Benna et Bouna Traoré meurent électrocutés. Le troisième Muhittin Altun est physiquement et moralement blessé à vie.

Ces jeunes auraient pu êtres mes petits frères, ou cousins. Comment ont-ils pu perdre la vie de manière aussi injuste ? « S’ils rentrent sur le site, je ne donne pas cher de leur peau. » sont les mots prononcés par un des agents avant que le trio ne s’engouffre dans le malheur.

S’ensuivent des révoltes qui embrasent tout le territoire français pendant plusieurs semaines.

Comme pour Nahel, le premier réflexe médiatique et politique est la criminalisation des victimes, dont le passif est scruté, comme s’il pouvait justifier leur mort…

La suite est à lire sur: lmsi.net
Auteur: Rokhaya Diallo

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