Révoltes sans révolution

Depuis l’Amérique du nord, Adrian Wohlleben revient sur la vivacité et les échecs des vagues de révoltes des dernières années à travers le monde. En se tenant à égale distance d’un défaitisme qui voit une domination fasciste presque déjà accomplie autant que d’un romantisme révolutionnaire qui refuse de regarder le réel pour ce qu’il devient, il propose de reprendre la question révolutionnaire stratégiquement. De là se dessine une période ambigüe et méta-stable, l’ordre libéral est épuisé et les potentiels subversifs se tassent dans leurs propres limites, reste la possibilité comme la nécessité d’un saut, non pas dans le vide mais à partir des expérimentations pratiques et auto-organisées.

I. L’ère des révoltes n’est pas terminée

Ceux qui recherchent une science révolutionnaire du présent doivent se préparer à la déception. Il n’existe aucune boussole unique pour naviguer nos mers tumultueuses, aucune clé universelle ou formule magique capable de redresser notre navire et de nous placer sans équivoque sur la voie de la révolution. L’obscurité de notre horizon est plus profonde que tout ce que nous avons connu de notre vivant. Cependant — même si l’on pourrait pardonner aux Nord-Américains de penser le contraire — les mouvements ne manquent pas : à l’échelle mondiale, les vagues se lèvent et se brisent à un rythme si étourdissant qu’il devient impossible d’en suivre toutes les manifestations, même pour ceux qui s’y consacrent.

Les six derniers mois seulement ont vu des troubles massifs en Turquie, Argentine, Serbie, Kenya, Indonésie, Népal, Philippines et Pérou. Avant cela : Bangladesh, Géorgie, Nigeria, Bolivie… et cette liste est sûrement incomplète. Dans chaque cas, des mobilisations réunissant des dizaines de milliers de personnes ont conduit à des affrontements croissants avec les forces de l’ordre dans plusieurs villes, déclenchant des crises nationales…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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