Il n’existe pas de catastrophe purement naturelle, surtout dans un pays en état de siège. De même, la réponse à toute catastrophe est toujours conditionnée par des facteurs sociaux, politiques, voire géopolitiques. À la suite du tremblement de terre dévastateur de 1812, survenu pendant la lutte pour l’indépendance, Simón Bolívar déclara : « Si la nature s’oppose à nous, nous la combattrons et la ferons nous obéir. » Aujourd’hui, cette remarque peut paraître choquante — comme une étrange sortie anti-écologique —, mais ce que Bolívar voulait dire, c’est que le projet stratégique d’émancipation doit rester au premier plan et guider nos actions, même face à un défi naturel.
Il convient de garder cela à l’esprit lorsque l’on réfléchit aux séismes qui ont récemment frappé le Venezuela. Le fait naturel est simple : il y a eu un double mouvement de terre, d’abord une secousse de magnitude 7,2 suivie, quelques secondes plus tard, d’une autre de magnitude 7,5. Dans leur sillage, les destructions se sont produites le long de failles naturelles, telles que la faille de San Sebastián qui longe la côte de La Guaira, mais elles se sont également propagées le long de failles créées par l’impérialisme. Au premier rang de celles-ci figuraient les fractures au sein des infrastructures du pays, des capacités de secours d’urgence et du système de santé, causées par plus d’une décennie de sanctions paralysantes.
Ces sanctions, qui sont encore au nombre de plus de 1 000, ne se résument pas à de simples mots et à des intentions hostiles. Les recherches menées par Mark Weisbrot au CEPR à Washington ont estimé qu’elles avaient contribué à quelque 40 000 décès supplémentaires en l’espace d’une seule année. Pour ceux qui ne connaissent pas bien le système financier international, l’impact d’un régime de sanctions de ce type peut être difficile à comprendre. Cependant, le résultat net…
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