Révolution hongroise de 1956 : les conseils ouvriers contre les chars russes

« Dis-moi ce que tu penses de la Hongrie et je te dirai qui tu es », déclarait un écrivain polonais à la fin de novembre 1956. C’est donc dans cet esprit que nous commencerons par une déclaration sans ambiguïté : la révolution hongroise de 1956 fut une authentique révolution ouvrière. D’autres facteurs entrèrent évidemment en jeu : les révolutions sont des phénomènes complexes. Mais ce sont les travailleurs qui furent la force motrice de la révolution hongroise. Ils commencèrent par créer des organes de pouvoir populaire. Puis ils luttèrent pour les développer afin de défendre la Hongrie contre l’invasion des forces soviétiques, qui permit finalement au gouvernement fantoche de János Kádár (1912–1989) d’écraser la révolte :

La plupart des conseils de province et des conseils ouvriers de la capitale devinrent, dans une mesure toujours croissante, l’expression d’une attitude jusque-là inconnue en Hongrie : la conviction qu’un autogouvernement était possible ou, pour le dire autrement, un gouvernement par les soviets, au sens originel du terme, des conseils populaires, organes du pouvoir local.

Pas plus à l’époque qu’aujourd’hui, la révolte ne saurait être ramenée à un affrontement entre Washington et Moscou, entre l’Ouest et l’Est. Le 7 novembre, alors que les forces russes combattaient les ouvriers hongrois à Budapest, un groupe d’insurgés de la rue Tűzoltó hissa un drapeau rouge en l’honneur de la révolution d’Octobre, dont on célébrait ce jour-là le trente-neuvième anniversaire. Ce drapeau flottant, comme d’autres au cours de ces journées désespérées, proclamait la possibilité d’un autre socialisme, non seulement en Hongrie mais dans le monde entier. Il constituait un défi à l’impérialisme soviétique qui s’était développé sur les cendres de l’authentique révolution d’Octobre. C’est précisément pourquoi de tels drapeaux ne suscitaient guère…

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Auteur: camille varso