Quel bilan cinq ans après ? En 2021, le réseau ferroviaire français s’ouvrait officiellement à la concurrence, d’abord sur les lignes TGV. Puis, deux ans plus tard, la règle s’appliquait aux TER et autres trains régionaux, conformément, là aussi, au calendrier imposé par l’Union européenne. Une libéralisation à marche forcée dont les conséquences n’ont sans doute pas toutes été évaluées à leur juste mesure.
C’est du moins le constat que dressent les sénateurs Hervé Maurey (Union centriste) et Marie-Claire Carrère-Gée (LR), qui ont présenté mardi à la commission des finances les conclusions de leur rapport sur l’impact de la réforme sur les finances publiques. S’ils se félicitent d’une réduction des coûts, ils alertent sur ses angles morts. La fin du monopole de la SNCF a engendré des coûts « sous-estimés » et des bouleversements « insuffisamment anticipés » en termes de financement du réseau, en particulier sur les axes moins empruntés.
« La concurrence ne peut pas tout régler à elle seule »
« Comme si, regrette Hervé Maurey, on s’était jetés dans le bain de la concurrence sans savoir y nager ». Tout ça pour un bilan finalement jugé « incertain », traduisant la position critique des deux rapporteurs, mais sans remise en cause frontale de l’ouverture à la concurrence, processus très largement appuyé par la majorité sénatoriale. « La concurrence n’est pas à jeter. Simplement, la concurrence…
Auteur: Christian Mouly

