« Rien n’est acquis » : Emmanuel Macron a mis en garde mardi 30 juin contre le « retour » du débat sur la peine de mort en France, martelant que « rien n’est acquis », 45 ans après son abolition. « La bataille pour l’abolition (…) est éminemment contemporaine parce qu’aujourd’hui, dans nos sociétés, ce débat revient », a déclaré le chef de l’État au 9e Congrès mondial contre la peine de mort à Paris.
« Parce qu’aujourd’hui, dans notre société, beaucoup se remettent à penser que la peine de mort serait une réponse dans une confusion et des principes et du langage », a-t-il ajouté. « Beaucoup de gens font semblant de croire que (l’abolition) est une évidence » mais « les risques demeurent dans beaucoup de pays » et «rien n’est acquis », a insisté le chef de l’État, en qualifiant ce combat d’« existentiel pour nos sociétés démocratiques ».
Le débat resurgit en France à chaque fait divers qui secoue la société, dernièrement encore avec les meurtres de la petite Lyhanna et du jeune Louis. Plus des deux tiers (68 %) des Français se disent favorables à un référendum sur le rétablissement de la peine de mort pour les crimes qui touchent les enfants, selon un sondage de l’institut CSA pour CNEWS, Europe 1 et le JDD publié le 14 juin.
La peine de mort « ne dissuade pas »
« La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu’elle ne dissuade pas. C’est faux. Cela a été montré, observé, mesuré », a pointé Emmanuel Macron. « Elle n’a jamais eu la valeur dissuasive que certains pouvoirs, souvent autoritaires, qui la défendent, voudraient lui accorder », a-t-il poursuivi.
Si 114 États ont définitivement abandonné la peine capitale, plusieurs pays sont marqués par une « résurgence des exécutions, employées comme outils de répression politique, de contrôle social ou de réponse aux…
Auteur: La Croix (avec AFP)

