Concentré de capitalisme autoritaire : inégalités criantes et carnages contre les pauvres dans l’une des plus grandes villes du Brésil
C’est l’un des paradoxes de notre temps : les guerres menées au nom de l’antiterrorisme font plus de morts que le terrorisme lui-même, et les guerres «contre la drogue» font plus de victimes que la drogue elle-même.
Le 28 octobre, un alignement de dizaines de corps de jeunes hommes en sous-vêtements, certains exécutés d’une balle dans la tête, d’autres emballés dans des sacs mortuaire, étaient visible dans la rue d’une favela de Rio de Janeiro, entouré de proches en larmes, donnant l’impression d’une guerre. À Rio de Janeiro, une opération «contre le narcotrafic» a été lancée dans les quartiers populaires et s’est transformée en massacre d’habitant·es. Avec au moins 132 morts, souvent exécutés sommairement, c’est l’opération la plus meurtrière de l’histoire du Brésil.
Le gouverneur d’extrême droite, Cláudio Castro, a décidé d’envoyer 2500 policiers dans deux favelas, sur fond de campagne électorale, pour mettre en scène une démonstration de force à l’égard de la drogue. Bilan : un massacre de pauvres. Des images prises lors de l’assaut montrent des panaches de fumée noire au-dessus de quartiers du nord de Rio, des bâtiments en flammes, des détonations.
Le mode opératoire des forces de l’ordre ? La guerre. Des unités militarisées, issues de la période de la dictature, entrent dans les favelas avec des blindés et des armes de guerre et tirent sur tout ce qui bouge. Parmi ces unités militarisées et criminelles, les BOPE, Batalhão de Operações Policiais Especiais ou Bataillon des opérations spéciales de police, dont le logo est une tête de mort croisée avec des pistolets. C’est la police militaire de l’État de Rio, et elle est connue dans le monde entier pour sa violence. Il y a même des films à sa…
Auteur: B

