Sous l’ancien régime, il existait les Lettres de cachet : un écrit, signé par le monarque, fermé de son sceau, ordonnant l’emprisonnement du destinataire de la lettre sans procès. À l’époque, un bon nombre de personnes ont été jetées en prison sur la base de simples discours qui déplaisaient au Roi. C’est exactement ce qui arrive aujourd’hui à Ritchy Thibault, qui vient d’être placé en détention provisoire pour des mots.
Le 1er octobre, le jeune homme de 23 ans était allé soutenir les lycéen·nes en lutte en Seine-Saint-Denis. Devant un établissement, il avait prononcé un discours, mégaphone en main. Il avait notamment parlé de «mettre le feu à l’Élysée» et annoncé que «le 17 octobre ça va être mille fois pire que les Gilets jaunes. Est-ce que vous êtes chaud ? Est-ce qu’on va faire la révolution ?» Des propos que partagent des millions de personnes dans le pays, à la vue d’un régime illégitime qui tire sur des enfants. Il a été immédiatement arrêté et placé en garde à vue par des policiers en civil. S’il fallait enfermer toutes les personnes qui rêvent de brûler le palais présidentiel, il faudrait arrêter le groupe NTM et ses innombrables auditeurs qui chantent depuis 1995 «Allons à l’Élysée bruler les vieux». Et s’il fallait arrêter toutes les personnes appelant à la violence, alors les innombrables éditorialistes qui ont justifié le génocide à Gaza ou qui réclament une répression encore plus violente contre les luttes sociales devraient être derrière les barreaux.
Lundi 4 octobre 2026, après quatre jours en cellule, Ritchy était jugé en comparution immédiate. Une procédure accélérée qui ne touche jamais les puissants comme Sarkozy, Balkany ou Le Pen. Lors de cette audience à huis clos, la police ayant expulsé tous les soutien du jeune homme, les juges ont décidé de le placer en détention provisoire à Fleury. Pire il est placé à l’isolement,…
Auteur: B
