Saint-Hostien (Haute-Loire), reportage
« Ça fait mal au cœur », souffle Claude Verots, agriculteur de 47 ans, en regardant les flancs de montagne déboisés. À travers la fenêtre de sa Dacia blanche, quatre géants de béton apparaissent entre les sucs, au cœur d’une vallée verdoyante. Sur ces piliers de 25 mètres de haut, des hommes en gilets oranges interceptent, à intervalles réguliers, les conteneurs apportés par la grue. C’est ici, dans la commune de Saint-Hostien que le futur viaduc de Roudesse franchira une vallée sur 200 mètres entre Le Puy-en-Velay et Saint-Étienne. La construction accélère l’avancée des travaux de la route nationale 88 (RN88).
Imaginé dès 1997, ce projet de route à deux fois deux voies a été relancé en 2017 par Laurent Wauquiez, à son arrivée à la présidence de la région Auvergne-Rhône-Alpes. L’élu de droite en a fait un projet phare de son fief électoral, où il a retrouvé son siège de député en 2024. Au prix de trois minutes gagnées sur le trajet des automobilistes, le chantier menace d’artificialiser 190 hectares de forêts, de zones humides et de terres agricoles.
Le viaduc pourrait symboliser le règne de Laurent Wauquiez sur son fief politique, où il exerce son mandat de député. En 2017, dès son arrivée à la tête de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Wauquiez avait relancé la déviation de la RN88, un projet, abandonné par l’État au début des années 2000. Début octobre, l’ancien président de région était justement en visite sur le chantier, avec celui qu’il appelle son « ami » : le ministre des Transports, Philippe Tabarot. À la clé, un chèque de 50 millions d’euros, portant le soutien de l’État à 64,5 millions d’euros.
Droit de l’environnement ou « folie des extrémistes »
Pour la région, ce coup de pouce est « déterminant » pour finaliser le contournement de Saint-Hostien et du Pertuis : 2×2 voies de 10,7 km sur…
Auteur: Magali Stora, Pauline De Deus
