Robert Badinter, « l’éloquence du cœur et de la raison »

L’annonce de la mort de Robert Badinter s’est accompagnée de très nombreux hommages, dessinant le portrait d’une personnalité faisant aujourd’hui l’unanimité.

Parmi les multiples prises de position de ce grand homme d’État, défenseur infatigable des libertés publiques, son combat victorieux pour l’abolition de la peine de mort, mené en tant que garde des sceaux de François Mitterrand, restera sans doute comme le plus emblématique.

À ce titre, le discours qu’il a prononcé à l’Assemblée nationale, le 17 septembre 1981 dans le cadre de la discussion du projet de loi portant sur l’abolition de la peine de mort, a fait date. La loi sera adoptée le 18 septembre 1981, par 363 voix contre 117.

Extrait d’un journal télévisé d’époque sur le discours de Robert Badinter.

Ce discours est visible dans on intégralité sur le site de l’INA, et on peut le consulter ici.

Ce texte a fait l’objet de beaucoup d’attentions et de commentaires, dans le cadre politico-médiatique.

Pour ne pas réaliser une nouvelle analyse formelle de ce texte, et afin de porter également à la connaissance des lecteurs d’autres prises de parole de Robert Badinter, nous proposons une mise en relief de caractéristiques de ce discours en lien avec ce que lui-même disait de l’art oratoire, en particulier dans le cadre d’un podcast diffusé sur France culture. C’est dans le 5ᵉ épisode de cette série, diffusée pour la première fois en 2002, qu’il est question des mots prononcés par Robert Badiner pour en finir avec la peine de mort.

L’avocat y explique que « ça n’était pas une question d’argumentation » et que ce discours n’avait « pas le caractère d’une plaidoirie » : cela signifie que l’enjeu de sa prise de parole dépassait le simple fait de réussir à convaincre, mais qu’il fallait qu’elle soit à…

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Auteur: Julien Longhi, Professeur des universités en sciences du langage, AGORA/IDHN, CY Cergy Paris Université