Beyrouth (Liban), correspondance
Un rêve brisé ? L’espoir des Kurdes de Syrie de vivre dans une région semi-autonome ou fédérale semble s’être brisé face au rouleau compresseur de l’armée syrienne. Comme un domino sanglant, les territoires sous le contrôle des Forces démocratiques syriennes (FDS), à majorité kurde, sont tombés les uns après les autres dans les mains du gouvernement d’Ahmed el-Cheraa.
D’abord, ce sont les quartiers kurdes d’Achrafieh et Cheikh Maqsoud à Alep, début janvier. Puis, les localités sur la rive ouest de l’Euphrate, fleuve que les troupes syriennes ont traversé sur des barges ou sur les ponts stratégiques, mi-janvier, notamment avec le soutien de la Turquie. Les combats se sont étendus comme une trainée de poudre aux abords des villes arabes de Deir ez-Zor et de Raqqa — jusqu’à l’annonce d’un cessez-le-feu, le 18 janvier, et d’un accord historique : les FDS ont abandonné toutes les régions à majorité arabe sous leur contrôle et se replient dans leurs bastions kurdes de Djézireh — où les combats ont continué de plus belle, notamment aux abords de Kobané.
D’Alep à Raqqa, plusieurs centaines de milliers de personnes auraient fui les zones de combats et le contrôle gouvernemental, selon des rapports publiés le 20 janvier. « Elles ont besoin d’une aide considérable dans ces conditions climatiques difficiles et avec des ressources limitées », se désole Lolav Sheikho, activiste environnementale kurde à Qamichli.
Son association, les Tresses vertes, qui mène normalement des projets de reforestation ou d’éducation à l’écologie, est venue leur porter secours dans la pluie et la boue. « Nous faisons tout notre possible en tant qu’équipe et en tant qu’individus. À Qamichli, à l’aube, les membres de l’équipe étaient occupés à préparer les repas du petit-déjeuner afin qu’ils soient prêts à être distribués dans la journée »,…
Auteur: Philippe Pernot

