Chaque année, à la fin du printemps, Paris reçoit l’élite du tennis mondial. Les écrans se couvrent alors d’un fond couleur brique pilée traversé par des balles jaunes. Entre deux matchs, les caméras s’attardent sur les allées de Roland Garros où se presse un public plutôt chic. Tennisman amateur mais économiste professionnel, je les ai parcourues pour découvrir les arcanes des compétitions internationales de tennis. La science économique n’a-t-elle pas promu la théorie des jeux et même élaboré une théorie des tournois ? Les joueurs professionnels sont-ils sensibles à l’appât du gain ? Agissent-ils en stratèges et en monstres de sang-froid ?
Le prochain vainqueur de Roland Garros empochera 2,4 millions d’euros. Peut-être sera-ce encore Rafael Nadal, pour la quinzième fois. Même somme pour celle qui emportera la finale. Iga Swiatek la Polonaise pour une troisième victoire ? Quoiqu’il en soit, un peu plus de 50 millions d’euros seront distribués cette année aux joueurs et aux joueuses.
Comme pour les autres sports professionnels, le tennis n’offre pas que des trophées en argent à brandir devant un public exalté. Son caractère particulier réside dans le très grand écart des dotations pécuniaires aux différents tours de la compétition. La figure ci-dessous en offre un aperçu pour les tournois des Masters ainsi que pour les tournois du Grand Chelem (Roland Garros, US Open, Wimbledon et Open d’Australie).
Attirer les plus grandes stars
Les prix répondent à une double finalité. La première est évidente : attirer les joueurs dans la compétition, en particulier les plus grandes stars. Manifestement, aux yeux des organisateurs des quatre tournois majeurs, le prestige et les points au classement international qu’ils rapportent ne suffisent pas pour s’assurer de la présence de la plupart des cent premiers joueurs mondiaux. Cela vaut notamment pour l’Open d’Australie du fait de son…
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Auteur: François Lévêque, Professeur d’économie, Mines Paris – PSL

