Derrière les rodomontades de Donald Trump contre les constructeurs automobiles européens se trouve un secteur en pleine mutation géographique, mais aussi technologique. La question est quasi existentielle, tant la voiture est un symbole du mode de vie américain.
Le prochain retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis suscite des inquiétudes, en raison de ses différentes déclarations à propos des orientations politiques et économiques de son prochain mandat, notamment en matière de commerce international (droits de douane, remise en cause des traités de libre-échange, comme l’ALENA…). Ces projets mettent un coup de projecteur sur un secteur clé, patrimoine de l’économie et de l’industrie américaine : l’automobile.
Cette dernière a connu une profonde transformation de ses implantations géographiques au cours des dernières décennies, reflétant les changements économiques et sociaux du pays. Alors même que les constructeurs européens connaissent des bouleversements (la dette du groupe Volkswagen atteint les 200 milliards de dollars, le groupe Stellantis en difficulté vient de se séparer de son PDG Carlos Tavarès…) et une adaptation difficile vers les moteurs électriques – où les constructeurs chinois s’avèrent de redoutables concurrents – quelle place occupe aujourd’hui,l’industrie automobile américaine ?
L’attractivité du sud
Historiquement, le bassin de l’industrie automobile se situait à Detroit, fondée par le français Antoine de Lamothe-Cadillac en 1701. D’ailleurs, la ville a été surnommée « Motor City » parce que les trois grands constructeurs historiques américains, General Motors, Ford et Chrysler, aussi appelés les « Big Three », y ont établi leur empire. Cette industrie a façonné l’économie et la culture de la région pendant la majeure partie de la croissance fordiste du XXe siècle, au gré des crises.
L’équilibre géographique a commencé à…
Auteur: Fabien Nadou, Enseignant-chercheur en Développement Territorial et Economie régionale, EM Normandie,Laboratoire Métis, EM Normandie

