Rompre le silence

En prévision de la discussion qui aura lieu aux Tanneries ce jeudi 07 décembre, nous partageons un texte écrit il y a une dizaine d’années par un visiteur français alors qu’il participait aux activités de l’organisation CACTUS dans laquelle Bety et Omar militaient dans l’État de Oaxaca au Mexique. Bety a été assassinée en 2010. Omar n’a eu de cesse de demander Justice et Vérité. Il nous racontera cette longue lutte et nous parlerons de la situation des militant.es mexicain.es et d d’autonomie.

Quelques paragraphes ont été ajoutés à la fin de ce texte pour donner des éléments de compréhension à propos de l’assassinat de Bety et Jyri.

Rompre le silence

J’étais chez eux, le 1 février 2008, lorsqu’ils fêtaient leur première année d’autonomie. Il ne faisait pas très beau. Il ne fait jamais très beau à Copala. Pour l’occasion, on débitait à la hache la carcasse d’un gros taureau noir. Bouilli durant des heures sur un grand feu de bois, ça reste coriace et filandreux.

Les Triquis forment un peuple situé dans les montagnes de la Haute Mixteca, état de Oaxaca, Mexique. Au fond d’une cuvette se trouve leur ville principale, San Juan Copala. Depuis un an, une partie du peuple triqui a décidé de sortir du jeu des partis politiques qui, invariablement, charrient dans leur sillage division, corruption et narcotrafic. Ils se sont déclarés autonomes. La constitution de la République fédérale mexicaine reconnaît aux peuples indigènes le droit à l’autonomie. « Art. 2. A. Cette constitution reconnaît et garanti le droit des peuples et des communautés indigènes à la libre détermination et, en conséquence, à l’autonomie (…). ». Pas mal. Sauf que les gouvernements successifs ont oublié de légiférer sur ce point. Résultat : un peuple ou une communauté indigène n’a pas de personnalité juridique. Donc il n’existe pas. Personne n’a le droit à l’autonomie dans la République fédérale…

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