Le 17 novembre marquera le 5e anniversaire du mouvement des Gilets Jaunes. D’ici là, nous publierons chaque lundi un [Novembre Jaune], collecte locale des voix plurielles qui se sont inscrites dans le mouvement. Il s’agit de sauver de l’oubli – et du mépris – cette littérature qui s’est écrite au quotidien lors du mouvement des Gilets jaunes, et de la mettre à la disposition de tous, de partir des textes pour reconstituer le nuancier qui a fait et continue de faire ce qui sera appelé une contre-culture jaune : partie non négligeable et toujours bien vivante de la pensée d’ici d’en-bas. Vous pouvez retrouver le Novembre Jaune #1 ici.
« nous sommes la somme de chacun d’entre nous qui se croyait seul, […]nous savons désormais ce que c’est que de faire corps, […] car ensemble nous avons attrapé la rage et nous la propageons avec Amour. »
Ces quelques mots font barrage à la solitude. Ils sont le souffle des ronds-points, la force du pavé battu avec les camarades. Ils témoignent de cette formidable énergie sociale qui a animé le mouvement des Gilets jaunes et bien d’autres dans son sillage, celui contre la réforme des retraites en tête.
« Ceux qui dorment ne craignent-ils pas qu’à leur réveil / Les morceaux épars du monde ne s’emboîtent plus ? »
La société de classe a laissé place à une société de l’individu isolé. Et c’est comme si, un matin, en se réveillant, nous ouvrions soudain les yeux sur un monde où les morceaux – c’est-à-dire nous – ne s’emboîtaient plus, ne faisaient plus « corps ». Bien sûr tout cela ne s’est pas fait du jour au lendemain.
Le capitalisme prédateur est un processus qui émaille progressivement le tissu relationnel de ruptures : transformations du monde du travail (désindustrialisation, tertiarisation de l’économie, « ubérisation », externalisation, etc.) ; le paradoxe des réseaux sociaux (stabilité voire multiplication des…
La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

