En tenue de sport noire, Alec, 19 ans, tape dans un sac de frappe, pendu à l’extérieur de l’espace dédié à la boxe au centre des sports de l’université de Liverpool. « Je ne connais franchement pas grand-chose sur Keir Starmer et sa politique à la tête du Parti travailliste, avoue-t-il, le souffle court. Il me paraît être quelqu’un de raisonnable. »
Un peu plus loin, Emily et Sara, 19 ans, étudiantes en médecine, écarquillent les yeux au moment de donner leur avis sur le dirigeant du Labour. « Il est très différent de son prédécesseur Jeremy Corbyn (à la tête du parti entre 2015 et 2019, NDLR), et il semble modéré. Mais j’en sais assez peu sur ce qu’il propose », avoue la première. Son amie acquiesce.
Keir Starmer, un mystère pour beaucoup
À un an des prochaines élections générales, le Labour devance les conservateurs de 15 à 20 points dans les sondages. Une performance qui n’est pas liée à un quelconque enthousiasme provoqué par des annonces novatrices, comme ce fut le cas avec le Labour de Tony Blair en 1997 : Keir Starmer reste un mystère pour les Britanniques, bien en peine de cerner sa ligne de conduite politique.
Rien d’étonnant à cela. À son arrivée au pouvoir en avril 2020, il s’est fixé comme priorité de se débarrasser de l’image gauchiste du Labour et d’effacer le mot Brexit de son vocabulaire, deux attitudes ayant largement contribué à la cuisante défaite de Jeremy Corbyn face à Boris Johnson lors des élections de 2019. Pour ne pas s’aliéner d’électeurs potentiels, Keir Starmer opte pour la prudence.
« Ce n’est pas de la prudence mais de la responsabilité, se défend Steve Reed, député et responsable de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales au sein du cabinet fantôme (1), l’équipe de direction de Keir Starmer. Le résultat de 2019 a montré que les gens n’étaient pas prêts à accorder leur confiance à un Labour…
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Auteur: Tristan de Bourbon, envoyé spécial à Liverpool (Royaume-Uni)

