Une fois encore, les marbres du Parthénon se retrouvent au cœur d’un malentendu entre responsables grecs et britanniques. C’est la visite à Londres le 3 décembre du premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, qui, cette fois-ci, a réactivé la querelle. Après la rencontre de ce dernier avec son homologue Keir Starmer, une ancienne conseillère du gouvernement à Athènes a déclaré à la BBC que la restitution des marbres du Parthénon était « proche ». Une victoire imminente pour la Grèce qui, depuis des décennies, réclame le retour permanent dans leur giron des éléments de la frise, des frontons et des métopes exposés au British Museum depuis 1816 ? Pas tout à fait…
Le sujet a seulement été abordé, a rectifié dans la foulée le porte-parole de 10 Downing Street. Et d’ajouter que le gouvernement n’a « pas l’intention de modifier la loi pour permettre un déménagement permanent » des marbres et que « les décisions relatives à l’entretien et à la gestion des sculptures relèvent de la compétence des administrateurs du British Museum, qui est indépendant du gouvernement sur le plan opérationnel ». Une manière de dégager le premier ministre de toute responsabilité. Et de doucher les espoirs grecs.
Un pression internationale importante
Qui a vraiment la main sur ce dossier qui empoisonne les relations entre les deux pays ? Londres ou le British Museum ? « En 2021, les États ont reconnu dans le cadre d’une décision de l’Unesco que les marbres du Parthénon relevaient d’une affaire intergouvernementale, rappelle la juriste Catharine Titi (The Parthenon Marbles and International Law, Springer, 2023). Mais le gouvernement britannique rejette depuis longtemps la question en disant que celle-ci relève du musée. Les négociations ont donc officiellement lieu entre le gouvernement grec et le British Museum. »
« La très importante pression internationale » lui interdisant « de fermer les yeux…
Auteur: Tristan de Bourbon, correspondant à Londres (Royaume-Uni)

