Des fantasmes qui se fracassent sur la réalité. Voici comment on pourrait résumer la généralisation du revenu de solidarité active (RSA) sous conditions depuis le 1er janvier. Désormais, comme le prévoyait la loi « pour le plein-emploi » adoptée fin 2023, obtenir le RSA est conditionné à la réalisation obligatoire de 15 heures d’activité par semaine.
« On monte encore d’un cran dans la logique d’activation des politiques sociales. C’est une culpabilisation toujours plus importante de l’individu avec un déni sur la responsabilité de la société », tacle Sophie Rigard, chargée de projet Accès digne aux revenus au Secours catholique. Avec Aequitaz et ATD Quart-Monde, elle a participé à la rédaction d’un rapport au vitriol sur cette mesure, paru à l’automne 2024.
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Une « logique d’activation », allégorie des fantasmes à l’origine de cette réforme. Pour résumer, il suffirait d’imposer des contraintes importantes aux allocataires pour que ceux-ci se « prennent en main » et sortent du RSA.
« Ce discours est problématique : il fait comme si les allocataires du RSA ne voulaient pas travailler, alors que nombre d’entre elles et eux sont très contraints (par des problèmes de santé, des responsabilités familiales, etc.) », rappelle Anne Eydoux, chercheuse au Cnam et spécialiste des politiques sociales. Familles monoparentales, personnes éloignées de l’emploi, handicap, burn-out, grande précarité : les situations sociales des allocataires sont souvent complexes, et subies.
Des politiques qui rendent responsables les personnes de leur situation de précarité.
CNCDH
La Commission nationale consultative des droits de l’homme, dans un…
Auteur: Pierre Jequier-Zalc

