Rue d’Aubagne : une indignité politique

Cette semaine, s’est ouvert le procès en appel de la rue d’Aubagne. Le 5 novembre 2018, huit personnes perdaient la vie dans l’effondrement de deux immeubles insalubres, au cœur de Marseille. Huit ans après, les ruines ont disparu mais la question demeure : comment une telle catastrophe a-t-elle pu se produire dans l’une des premières puissances économiques mondiales ?

La rue d’Aubagne est le nom d’une faillite. Celle d’un système dans lequel on peut encore mourir parce que l’on habite un logement indigne. Mais aussi mourir de froid, de précarité énergétique, d’humidité, de moisissures, faute de pouvoir se chauffer ou simplement vivre dans des conditions dignes. Dans la sixième puissance économique mondiale, le logement devrait être un droit fondamental. Il demeure une marchandise comme une autre.

Car derrière les effondrements spectaculaires, il y a les drames silencieux : les passoires thermiques, les logements insalubres, les loyers qui dévorent les revenus, les familles contraintes de choisir entre se nourrir et se chauffer.

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Il y a aussi l’insuffisance de l’ambition publique : rénovation énergétique trop lente – le gouvernement vient de mettre fin à cinq programmes d’aide à la rénovation énergétique des logements et des bâtiments publics –, encadrement des loyers contesté ou insuffisamment appliqué, production de logements sociaux à la peine, absence de volonté politique pour faire baisser le coût du logement, etc.

Et les chiffres disent l’ampleur de la violence sociale : près de cinq millions de mal-logés, des centaines de milliers de sans-abri, plus de 2 000 enfants à la rue. On se souvient de la promesse présidentielle : « Je ne veux plus d’ici la fin de l’année [2017] avoir des hommes et des femmes dans les rues. »

Parce que la rue d’Aubagne est aussi le nom de…

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Auteur: Pierre Jacquemain