Rue Royaume : la répression revient à la charge !

En décembre dernier, les 12 sortaient la tête haute du Tribunal de police. Après trois ans de poursuites, l’accusation s’était largement effondrée : les charges les plus lourdes étaient tombées, les prétentions de l’État avec elles, et aucune peine n’avait été prononcée. Le message semblait clair.

Il ne l’a manifestement pas été assez car le Ministère public, qui n’avait d’ailleurs pas comparu aux débats de première instance, a choisi de faire appel du jugement. Le 29 septembre, la répression revient donc à la charge : il faudra une nouvelle fois juger celleux qui ont eu le tort de rendre visible un scandale immobilier que les autorités ont préféré laisser durer.

Pour rappel, le 8 rue Royaume n’avait pas été occupé au hasard. Laissé en ruine par son propriétaire aux pratiques de marchand du sommeil après que deux graves incendies y aient mis en danger ses habitant·e·x·s, ce bâtiment concentrait à lui seul les effets les plus brutaux d’un système immobilier où le logement est d’abord une source de rente, un actif à valoriser, un bien dont on extrait du profit. L’occupation du 9 février 2023 entendait mettre cette réalité sous les yeux de la ville.

Trois ans plus tard, alors que le Ministère public fait le choix de continuer à poursuivre les 12 de la rue Royaume, le prix des loyers continue d’augmenter, les logements accessibles se raréfient et le bâtiment occupé en 2023 est resté vide.

Lorsqu’un immeuble se dégrade pendant des années, les autorités savent attendre. Lorsque des habitant·e·x·s vivent dans des conditions indignes, elles savent temporiser. Mais qu’un bâtiment vide soit occupé quelques heures pour dénoncer cette situation, et tout s’accélère : police, évacuation, poursuites, procès, jusqu’à l’appel s’il le faut ! La propriété privée ne manque jamais de défenseurs : elle a des lois, une police, des tribunaux et tout le temps de la procédure. Le…

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