Tout le monde l’a constaté, le mois de juillet 2026 est le mois le plus chaud jamais enregistré en France : 5,2°C au-dessus des moyennes, et jusqu’à 7°C pour les régions allant de la Bretagne jusqu’au Limousin. Nous subissons les canicules les plus dures depuis le début des mesures, mais c’est aussi l’épisode le plus sec qu’ait connu la France contemporaine.
Une sécheresse inédite à la moitié de l’été
Ce chiffre vertigineux d’abord : d’après l’Office Français de la Biodiversité, le 1er août 2026, 43% des petits cours d’eau français sont en rupture d’écoulement voire «d’assecs», c’est-à-dire que l’eau ne coule plus dans son lit. C’est près de la moitié de tous nos ruisseaux et rivières dont l’eau a totalement disparu par endroits, soit 1373 cours d’eau. C’est 554 de plus qu’en juin, et deux fois plus que l’année dernière. Cette situation est tout simplement jamais vue, et dépasse déjà la sécheresse de 2022, qui était considérée comme une année extrêmement sèche, alors que nous ne sommes qu’à la moitié de l’été.
Concrètement, là où l’écoulement s’arrête, la totalité des espèces aquatiques sont anéanties : poissons, insectes, algues… Et lorsque la rivière ne s’assèche pas totalement, les débits sont si faibles que l’eau se réchauffe très vite, que la pollution se concentre, que l’oxygène diminue, entraînant là encore une très forte mortalité des espèces vivantes. À l’échelle locale, c’est une catastrophe pour la microfaune et la microflore. Le géographe anarchiste Élisée Reclus avait publié il y a 150 ans un livre magnifique intitulé «Histoire d’un ruisseau», s’émerveillant d’un cours d’eau, de sa complexité, de la vie qu’il charrie de la source à l’océan. S’il avait pu imaginer que près de la moitié des ruisseaux seraient asséchés un jour, il aurait cru à un cauchemar. Le climatologue…
Auteur: B

