Le tribunal de Vienne, en Isère, a décrété le 31 juillet que le glyphosate n’était pas directement responsable des malformations congénitales de Théo Grataloup, dont la mère avait utilisé l’herbicide sans savoir qu’elle était enceinte. Au lendemain du procès, Sabine Grataloup se garde la possibilité de faire appel contre le géant de la chimie Bayer-Monsanto, et se dit confiante pour la prise en compte des victimes de pesticides.
Reporterre — Que retenez-vous de ce jugement, qui est l’aboutissement de dix-sept années de lutte et décrète que le glyphosate ne peut pas être tenu responsable des malformations congénitales de votre fils ?
Sabine Grataloup — C’est bien sûr une déception, nous aurions préféré que la responsabilité de Monsanto soit reconnue, mais c’est une clarification de ce qu’il faut consolider si on fait appel, ce qu’on envisage très sérieusement. Le tribunal nous a donné raison sur des points très importants : par exemple que Monsanto est bien le producteur du Glyper. Nous avons été déboutés sur des détails : nous n’avions pas la facture du produit que j’ai utilisé.
Ce qui est intéressant, c’est que le comportement fautif de Monsanto a été reconnu par la justice américaine des dizaines de fois, mais qu’on ne peut pas s’appuyer sur cette jurisprudence pour attaquer la filiale française. Quand il s’agit de mettre un pesticide sur le marché français, les études faites par la société américaine sont jugées recevables, mais quand on s’aperçoit que ce produit n’est pas aussi inoffensif que son producteur veut nous laisser croire, elles ne sont plus pertinentes.
« Cette mobilisation va durer »
Si on maintient cette dilution de responsabilité des firmes agrochimiques entre les différentes filiales des différents pays, nous n’arriverons jamais à obtenir justice. Toutes les firmes agrochimiques sont organisées avec une filiale qui produit, une…
Auteur: Moran Kerinec

