Auxerre (Yonne), reportage
Après une harangue de l’avocat général contre ce qu’il considère comme « l’extrême lâcheté » des militants, le procureur, véhément, a réclamé une peine… plus lourde qu’en première instance. De son côté, la défense demande une relaxe générale des militants ayant participé à l’action contre une centrale à béton du groupe Lafarge située à Val-de-Reuil dans l’Eure. Elle argue de la faiblesse des preuves et de l’opacité d’une enquête menée par l’antiterrorisme, qui a conduit à un procès que Me Souleil-Balducci juge « kafkaïen ».
« Comment se fait-il qu’un simple militant écologiste soit arrêté par la Sdat [Sous-direction antiterroriste] et gardé à vue plus de soixante-douze heures ? » À la barre de la cour d’appel de Rouen (Seine-Maritime), lundi 1er juin, Joël lit la déclaration qu’il a préparée aux magistrats.
Le 8 avril 2024, ce professeur de musique d’une soixantaine d’années était réveillé à 6 heures du matin alors qu’il se trouvait chez ses parents de 88 et 94 ans.
Ce matin-là, seize autres personnes étaient simultanément arrêtées dans différents lieux de Normandie et de région parisienne par des unités d’intervention lourdement armées. Elles ont été détenues et interrogées pendant plus de trois jours dans les commissariats d’Évreux (Eure), ainsi qu’au quatrième sous-sol des bureaux de la Sdat à Levallois-Perret, en banlieue parisienne.
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Pourtant, ce n’est pas un projet terroriste qui leur est reproché, mais d’avoir participé le 10 décembre 2023 à une action contre une centrale à béton du groupe Lafarge.
Ce jour-là, à l’occasion des journées contre le béton organisées à l’initiative des Soulèvements de la Terre, une petite centaine de personnes vêtues de combinaisons blanches avaient envahi…
Auteur: Guénolé Carré

